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Étiquettes de remise dans la vitrine d une enseigne en novembre

Black Friday et French Days : ce qui les sépare des soldes

Mis à jour le

Le Black Friday et les French Days sont deux opérations commerciales privées : aucun texte ne les encadre, contrairement aux soldes. Le Black Friday vient des États-Unis et tombe le lendemain de Thanksgiving ; les French Days ont été lancés au printemps 2018 par six enseignes françaises du commerce en ligne.

Une date qui se calcule, des remises ordinaires

  • Le Black Friday se calcule : quatrième jeudi de novembre, plus un jour. En 2026, ce sera le vendredi 27 novembre, suivi du Cyber Monday le lundi 30.
  • Les French Days reviennent deux fois par an, au printemps et à l'automne : une période de remises ouverte en septembre, dont les enseignes fixent elles-mêmes les dates.
  • Ni l'un ni l'autre n'autorise la vente à perte, réservée aux soldes : ce sont des promotions ordinaires. Depuis mai 2022, le prix barré d'un produit doit être le plus bas des trente derniers jours.

Deux opérations commerciales, deux histoires

Le Black Friday désigne aux États-Unis le lendemain de Thanksgiving, journée qui ouvre traditionnellement les achats de fin d'année. L'expression circulait déjà à Philadelphie dans les années soixante pour décrire l'embouteillage du centre-ville ; le commerce s'en est emparé bien plus tard. En France, l'événement s'est installé au milieu des années deux mille dix, d'abord chez les distributeurs high tech, puis dans la mode, l'électroménager et le voyage.

Les French Days sont nés en réaction. Au printemps 2018, six enseignes françaises du commerce en ligne montent une opération commune : Boulanger, Cdiscount, Darty, Fnac, La Redoute et Rue du Commerce. L'idée assumée est de créer un rendez-vous de remises au moment où le calendrier commercial français est vide, entre la fin des soldes d'hiver et le début de ceux d'été. Le nom joue sur cette origine, et l'opération s'est depuis ouverte à des dizaines de marques bien au-delà du groupe fondateur.

La différence de nature compte davantage que la différence de nom. Le Black Friday est un événement mondial dont les grandes plateformes fixent le tempo, avec des remises très visibles sur quelques références d'appel. Les French Days restent un événement de site marchand, plus étroit dans sa sélection mais souvent mieux ciblé sur l'équipement de la maison et la mode.

Le succès de ces rendez-vous tient à un calcul simple côté entreprise : concentrer sur quelques jours une demande qui se serait étalée, et occuper le terrain face aux géants du commerce en ligne. Côté consommateur, l'avantage est réel mais borné. Ces opérations pèsent sur le pouvoir d'achat au moment où elles tombent, pas sur le budget annuel : une dépense avancée de deux mois reste une dépense. Le guide d'achat le plus utile est donc celui que l'on écrit soi-même avant l'ouverture.

Quand tombent ces deux rendez-vous

Le Black Friday n'a pas de date fixe mais une règle de calcul simple, et c'est la seule des deux opérations dont on peut connaître le jour des années à l'avance. Thanksgiving tombe le quatrième jeudi de novembre ; le Black Friday est le vendredi qui suit. En 2026, le quatrième jeudi est le 26 novembre : l'événement se tiendra donc le vendredi 27 novembre 2026, prolongé par le Cyber Monday le lundi 30 novembre. En pratique, la plupart des sites ouvrent leurs offres plusieurs jours avant et les laissent courir jusqu'au lundi, ce qui transforme la journée en semaine complète.

Les French Days obéissent à une logique inverse : ce sont les enseignes qui décident, édition par édition. Deux rendez-vous par an se sont installés, l'un au printemps, autour de la fin avril et du début mai, l'autre à la rentrée de septembre. La durée tourne autour de cinq jours, du lundi au vendredi ou du mercredi au lundi selon les années. Aucune règle ne garantit ces repères, et il n'existe pas de calendrier officiel : la seule information fiable reste l'annonce publiée par les enseignes participantes, en général deux à trois semaines avant l'ouverture.

C'est pour cette raison que cette page ne donne pas de date pour la prochaine édition des French Days. Une date d'automne recopiée d'une année sur l'autre serait fausse une fois sur deux, et une information fausse coûte plus cher au lecteur qu'une information absente.

Ce qui les sépare des soldes

Les soldes relèvent d'un statut particulier, inscrit au code de commerce : deux périodes nationales de quatre semaines, dont les dates découlent d'un calcul et non d'un choix de commerçant. Le Black Friday et les French Days n'ont aucun statut de ce genre : ce sont des campagnes promotionnelles ordinaires, que n'importe quel commerçant peut lancer, arrêter ou ignorer.

La conséquence concrète tient en une phrase : pendant les soldes, un magasin a le droit de vendre en dessous de son prix d'achat pour écouler un stock ancien, ce que la loi lui interdit le reste du temps. Aucune des deux opérations étudiées ici n'ouvre ce droit. Le pourcentage affiché en novembre porte donc sur une marge, pas sur un déchargement de stock, ce qui explique que les remises les plus spectaculaires se concentrent sur quelques références choisies plutôt que sur un rayon entier. Le détail du calendrier légal et des territoires qui y dérogent est traité dans notre page consacrée aux dates des soldes et à leur règle de calcul.

Soldes, Black Friday, French Days : le comparatif

CritèreSoldesBlack FridayFrench Days
EncadrementCode de commerceAucunAucun
DatesFixées par calcul, deux fois par anLendemain de ThanksgivingChoisies par les enseignes
DuréeQuatre semainesUn jour étendu au week-endEnviron cinq jours
Vente à perteAutoriséeInterditeInterdite
Ancienneté du stockUn mois minimumAucune conditionAucune condition
Rayons concernésTrès largesHigh tech, électroménager, jeuxMaison, mode, petit équipement

Une ligne de ce tableau résume le reste : l'ancienneté du stock. Un article soldé doit avoir été proposé à la vente depuis au moins un mois, alors qu'un produit peut arriver en rayon le matin même et porter une étiquette de remise l'après-midi pendant les deux autres opérations. C'est ce qui rend le contrôle du prix antérieur indispensable en novembre comme en septembre.

Quelles enseignes participent, et à quoi

Le groupe fondateur des French Days reste le noyau de l'opération. On y retrouve chaque année Boulanger et Darty sur l'électroménager et le gros équipement, la Fnac sur la culture et le high tech, Cdiscount sur un catalogue très large, La Redoute et Rue du Commerce sur la maison et la mode. Autour d'eux gravitent des dizaines de sites qui alignent leurs propres remises sur la même semaine, de la boutique de meubles à la marque de vêtements.

Le Black Friday mobilise un ensemble beaucoup plus large, où les places de marché internationales comme Amazon côtoient les enseignes françaises et les clubs de ventes privées tels que Showroom Privé. La contrepartie de cette ampleur est une lisibilité moindre : les offres se chevauchent, les stocks partent vite sur les références d'appel, et la livraison s'allonge sur la période. Une commande passée le vendredi peut arriver plus tard qu'une commande passée la semaine suivante.

Dans les deux cas, les codes promo diffusés par les enseignes ne se cumulent pas toujours avec la remise affichée. Un code refusé au moment de payer n'est pas forcément un code invalide : les conditions d'exclusion sont souvent enfouies dans les mentions de l'opération. Nous avons détaillé les raisons pour lesquelles un code est rejeté dans une page dédiée.

Quels rayons sont réellement remisés

Les deux opérations ne couvrent pas les mêmes catégories, et cela se voit dans les rayons mis en avant. Le Black Friday tire son intérêt du high tech et de l'électroménager : téléviseur, ordinateur portable, smartphone, lave-linge, console et jeux vidéo. La raison est industrielle plutôt que commerciale, puisque les fabricants renouvellent leurs gammes à l'automne et que les modèles de l'édition précédente doivent laisser la place. Un Samsung sorti au printemps se retrouve ainsi moins cher en novembre qu'à sa sortie.

Les French Days proposent un catalogue plus étroit, centré sur la maison, la décoration, le petit équipement et la mode. C'est aussi la période où les boutiques en ligne françaises poussent leurs marques propres, moins visibles le reste de l'année. Sur les deux rendez-vous, le reconditionné et l'occasion suivent le mouvement, avec des remises parfois plus intéressantes que sur le neuf pour qui accepte un produit de génération précédente.

Un bon plan se reconnaît moins à son pourcentage qu'à sa concordance avec un besoin déjà identifié. Les meilleures affaires d'une édition sont rarement celles qui occupent la première page : ce sont celles qu'un acheteur avait repérées des semaines plus tôt et dont il connaissait déjà le prix habituel. C'est toute la différence entre profiter d'une opération et se laisser guider par elle.

Repérer une vraie remise : la règle des trente jours

C'est le point le plus utile à connaître, et le moins cité. Depuis le 28 mai 2022, date d'entrée en vigueur en France de la directive européenne dite Omnibus, toute annonce de réduction doit indiquer le prix le plus bas pratiqué par le vendeur au cours des trente jours qui précèdent. Le prix barré n'est donc plus un prix conseillé ni un prix théorique : c'est un prix réellement pratiqué, et récent. La règle figure à l'article L. 112-1-1 du code de la consommation.

Cette règle rend caduque une pratique longtemps courante : relever discrètement le prix trois semaines avant l'événement pour gonfler le pourcentage annoncé. Pour un produit mis en vente depuis moins de trente jours, la comparaison porte sur la période écoulée depuis sa mise en rayon, ce qui limite l'intérêt de sortir une référence neuve juste avant l'opération.

Trois réflexes suffisent à vérifier une offre. Comparer le montant final, jamais le pourcentage, car un pourcentage se calcule sur un montant que l'on ne voit pas : le lien entre les deux chiffres n'est vérifiable que si le prix antérieur est affiché. Passer ensuite par un comparateur ou par Google Shopping, dont l'historique montre en quelques clics ce que la même référence valait les mois précédents. Se méfier enfin d'une remise annoncée sur un modèle introuvable ailleurs : une déclinaison créée pour l'opération, avec une lettre changée dans sa désignation, échappe à toute recherche comparative.

Black Friday ou French Days : lequel attendre ?

Les French Days peuvent-ils remplacer le Black Friday ? Non, et ce n'est pas leur ambition. Le Black Friday reste plus large en nombre de sites et plus agressif sur le high tech, là où les French Days visent surtout le commerce en ligne français et l'équipement de la maison. Les deux se complètent dans le calendrier plutôt qu'ils ne se remplacent.

Les remises sont-elles vraiment plus fortes que le reste de l'année ? Sur quelques références d'appel, oui. Sur le reste du catalogue, l'écart avec une promotion ordinaire est souvent faible. Comparer les prix reste le seul juge, et c'est précisément ce que la règle des trente jours permet enfin de faire sans relevé personnel.

Faut-il acheter pendant l'opération ou attendre les soldes ? Cela dépend du rayon. Pour un produit technique dont une nouvelle génération sort chaque année, novembre est souvent le meilleur moment. Pour du textile de saison, les soldes restent plus intéressants, puisque la vente à perte y est permise et que les stocks doivent partir.

Où trouver les meilleurs bons plans d'une édition ? Chez les enseignes elles-mêmes, dont les newsletters annoncent l'ouverture, et sur les sites internet qui tiennent une sélection à jour pendant l'événement. Aucune liste ne remplace toutefois le comparateur de prix : un bon plan relayé partout reste un bon plan à vérifier.

Les droits de l'acheteur changent-ils pendant ces opérations ? Non. La garantie légale de conformité de deux ans s'applique à un produit remisé comme à un produit vendu au prix fort, et un achat effectué en ligne conserve son délai de rétractation de quatorze jours.

Préparer la période sans se précipiter

La préparation utile tient en peu de choses. Établir une liste courte de ce dont on a réellement besoin, avant de consulter la moindre offre, évite l'achat déclenché par la vitrine. Relever le prix habituel de ces quelques produits deux ou trois semaines avant permet de repérer immédiatement une remise cosmétique, même si la règle des trente jours rend ce relevé moins indispensable qu'auparavant.

Sur le plan pratique, mieux vaut créer son compte et enregistrer son adresse à l'avance sur les sites visés : le tunnel de commande sature parfois le premier jour, et un panier abandonné au moment du paiement se solde souvent par une rupture de stock. Les newsletters des enseignes donnent gratuitement accès à des ouvertures anticipées, tout comme certains programmes de fidélité dont nous avons détaillé ce qu'ils rapportent réellement.

Enfin, le prix affiché n'est pas le prix payé. Les frais de livraison, les éventuelles offres de reprise et le remboursement partiel obtenu via une plateforme de cashback modifient le montant final davantage que deux points de pourcentage sur l'étiquette. C'est sur ce total, et sur lui seul, qu'une opération commerciale mérite d'être jugée.

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